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Patrice Godin est en deuil et partage un hommage des plus touchants

Patrice Godin est en deuil et partage un hommage des plus touchants Photo : Facebook @patgodinpageofficielle

Samedi matin, une onde de choc a traversé le Québec alors qu’on apprenait le décès de Serge Dessureault, un pompier et alpiniste québécois ayant perdu la vie en escaladant le K2, le deuxième plus haut sommet du monde. L’homme de 53 ans, reconnu pour sa générosité, son écoute et sa prudence, manquera à ses amis, ses collègues et sa famille, qui pleurent son départ.

Patrice Godin est l’un de ceux-ci, ayant été un ami proche du défunt Québécois. Pour rendre hommage à son bon ami, il a tenu à partager un message des plus émouvants sur son site Web, gardien de ses carnets de pensées.

« Ce que j’aurais aimé écrire autre chose aujourd’hui.

 
Hier. 7 juillet 2018. Un samedi matin splendide à Boucherville. Un de ces matins doux avec une légère brise, juste après une semaine de canicule. […]

Je me suis préparé un shake. Je n’ai pas épluché Facebook ni Twitter ni La Presse sur le web, ce que je fais pratiquement tous les jours. J’ai bu mon café, j’ai traîné un peu. J’avais la flegme, mais j’ai fini par grimper sur mon vélo. J’ai filé au gym.

C’est en arrivant là-bas, autour de 9 heures, que mon iPhone a vibré. Je venais de cadenasser mon vélo, il faisait bon. J’ai regardé de quoi il s’agissait.

Et c’est là. C’est là que j’ai appris la nouvelle. Ton accident. Merde, un accident…

Ton décès.

J’ai appris que tu étais mort là-bas, à la frontière du Pakistan et de la Chine, en tentant d’atteindre le sommet du K2. Ton équipe et toi étiez encore en phase d’acclimatation. Du camp 2, vous étiez en route vers le camp 3.

Tu as fait une chute.

Ça n’avait aucun sens pour moi.

J’ai reçu ça comme un coup au corps. Ça m’a fait plier les genoux. Je me suis assis sur le trottoir. J’avais plus de souffle. Je tremblais de partout. Tout s’est enveloppé de brouillard.

Tout de suite, j’ai pensé à ta blonde, à tes filles. Je voulais pas y croire. Non. Pas ça. Pas toi.

»Dis-moi que c’est pas vrai! »

J’ai dû te demander ça une dizaine de fois, à voix basse, comme si j’espérais une réponse de ta part.

De réponse, il n’y en aura pas.

Je suis resté là sans bouger de longues minutes. J’ai pleuré.

Tu étais de ces amis comme on en rencontre peu dans une vie. On était pas très proche, pourtant, chaque fois qu’on se voyait, ça coulait de source. C’était comme si on s’était quitté la veille. On pouvait reprendre la conversation où on l’avait laissée comme si de rien n’était. C’était pas compliqué. On jasait, on courrait, on riait. On se parlait de nos rêves. Des amours de nos vies qui remplissaient nos cœurs, des projets d’aventures qui débordaient dans nos têtes. Je te parlais de mes courses de fous, tu me racontais tes expéditions. Et s’il y a une chose, tu étais intransigeant lorsqu’il était question de sécurité. Tu me remontais le moral lorsque je te parlais de mes abandons. Tu me disais:  »Faut que tu écoutes ton corps, niaise pas avec ça. Si quelque chose ne fonctionne pas comme ça devrait, arrête avant d’empirer la situation. Tu pourras toujours te reprendre. Ne mets pas ta santé ni ta sécurité en jeu. » T’avais raison. Et je crois pas me tromper en disant que tu agissais de la même façon. Tu savais faire la différence entre repousser ses limites et aller trop loin. […]

Tu sais quoi? Souvent, quand je courais au Mont St-Bruno, je pensais à toi. J’espérais t’y croiser. C’était ta montagne plus que la mienne, d’une certaine façon. C’est là qu’on s’est parlé la première fois, un matin comme aujourd’hui…

Maintenant, quand j’irai, je penserai toujours à toi.

Et tu pourras venir m’y rejoindre en silence quand tu voudras.

Tu vas me manquer.

J’écris ça et après, je vais aller courir dans les rues près de chez moi. En ton honneur. En ta mémoire. Par amitié.

Je me fous de ma petite blessure. Elle ne compte même pas.

Tu étais un homme d’exception, Serge.

J’aurais bien aimé te le dire en vrai. Je te le dis, là. Faute de mieux.

J’espère que le vent emportera mes paroles jusqu’à toi.

Je te garde dans mon cœur. Pour toujours.

Au revoir, mon ami. »

En conclusion de sa bouleversante lettre, l’acteur de 50 ans a cité l’auteur Jocko Willink : « Pour ceux qui ont été volés par la main cruelle de la mort. Pour eux, je vais vivre. Je vais vénérer leur mémoire et je vais vivre… »

Toutes nos pensées sont avec la famille et les proches de Serge Dessureault durant cette terrible épreuve.

patgodin.com

Source: patgodin.com

Marino

Marino

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